La classification de la végétation européenne, issue de la phytosociologie, a été considérablement complétée et affinée par rapport aux premiers travaux grâce aux nombreuses recherches, à caractère synthétique ou monographique, ayant fait progresser la connaissance des territoires.
En europe plusieurs classifications nationales ou interrégionales ont été réalisées. Citons parmi les pays les plus proches : l’Allemagne (Oberdorfer et al. 1992-1998, Passarge 1996-2002, Rennvald 2000, Schubert et al. 2001) ; les Pays-Bas (Schaminée et al. 1995-1999) ; l’Espagne et le Portugal (Rivas-Martínez et al. 2001, Costa et al 2012) ; l’Italie (Biondi et al. 2012) ; le Royaume-uni (Rodwell et al. 1991-2001) ; la République Tchèque (Chytrý et al. 2007-2013).
Pour la France le Prodrome des Végétations de France, et sa première version au niveau de l’alliance (PVF1, Bardat et al. 2004) et le PVF2, décliné jusqu’à l’association végétale (Roux et al. 2024) est conduit et actualisé par la Société Française de Phytosociologie selon une procédure collective élargie (Bioret & Royer 2009, 2017). Le PVF2 compte 44 classes de végétation déjà publiées et 40 rédigées ou en attente sur 84 au total. Cette œuvre scientifique provient de 37 contributeurs et correspond à 42 articles spécialisés. De nombreux ouvrages, catalogues et articles à caractère régional ou thématique, la plupart intégrés dans le PVF2, ont été publiés depuis le début des années 2000 qui ne peuvent être cités ici. Botineau & Dupont (2026) publient une clé d’identification des unités phytosociologiques supérieures de France métropolitaine, jusqu’au niveau de la sous-alliance. Une compilation des végétations françaises, jusqu’au niveau de la sous-alliance, a été réalisée par les conservatoires botaniques (Lafon et al. 2024).
L’EuroVegChecklist (Mucina et al. 2016), classification hiérarchisée de la végétation européenne jusqu’au niveau de l’alliance, a été élaborée par un collectif de 32 phytosociologues (la France n’étant pas représentée) sur la base des différentes classifications nationales. Elle est régulièrement actualisée selon des règles procédurales rigoureuses par vote au sein de l’European Vegetation Classification Committee (E.V.C.C.), selon un code international de nomenclature (ICPN, Theurillat et al. 2021) animé par le Group of Phytosociological Nomenclature (G.P.N.) au sein de l’I.A.V.S. et publiée dans FloraVeg.EU.
Les communautés dominées par les bryophytes ont aussi fait l’objet de classifications dédiées, Europe et Europe centrale (von Hübschmann 1986, Marstaller 1993, 2006, Mucina et al. 2016), France (Bardat & Haugel 2002).
Par son système de classification hiérachisé la phytosociologie a donné lieu à une typologie fondée sur des unités se prêtant particulièrement à la constitution de référentiels d’habitats (Bioret 2010). La typologie européenne des habitats« CORINE » (Devillers et al. 1991), principalement basée sur la phytosociologie a servi d’outil pour l’évaluation et la conservation des habitats d’Europe, notamment dans le cas de la Directive européenne 92/43/CEE du 21 mai 1992. Cette directive, définissant dans son annexe I une liste d’habitats d’intérêt communautaire fait aussi largement référence aux unités de la classification phytosociologique. Elle constitue actuellement un outil majeur des politiques nationales de conservation de la nature.
Les différents cahiers d’habitats Natura 2000 (Bensettiti et al. 2003-2004), représentent une interprétation pour la France des habitats listés dans la directive, en les déclinant par des fiches détaillées incluant parmi les critères d’identification une description phytosociologique précise. La typologie EUNIS (Gayet et al. 2018),) est une compilation plus récente de la typologie CORINE et d’une classification paléoarctique d’habitats (Devillers & Devillers-Terschuren, 1996). Il s’agit d’outils techniques au service des administrations de la conservation de la nature,ne remplaçant pas toutefois l’outil scientifique et fonctionnel que représente la classification phytosociologique.

