La cartographie de la végétation en France a fait l’objet pendant la première moitié de 20ème siècle de travaux importants : cartographie au 1/200 000, éditée par le CNRS de 1947 à 1990 reposant sur une conception à la fois physionomique dynamique et potentielle de la végétation ; cartographie des Alpes (Ozenda 1963, Ozenda & Wagner 1975) publiée dans les documents de cartographie alpine reprenant les mêmes concepts dynamiques mais avec des phytocénoses forestières plus détaillées.
Les entités phytosociologiques résultant de la classification constituent des unités typologiques plus précises que les précédentes, particulièrement aptes à l’expression cartographique fine de la végétation. De nombreuses études cartographiques avaient déjà été réalisées dans le cadre de la SIGMA sous la conduite de Braun-Blanquet ou par R. Tüxen.
Aujourd’hui la cartographie phytosociologique des habitats définis dans le cadre de la directive européenne de mai 1992 est généralisée dans toute l’Europe pour les documents d’objectifs des sites « Natura 2000 ». Les différents « habitats », géoréférencées et numérisés sous forme de polygones correspondant à des surfaces homogènes, sont ensuite superposés sous forme de couches d’informations à d’autres données spatiales (modèle numérique de terrain (MNT) ; cadastre numérisé, imagerie LIDAR …) au sein de puissants systèmes d’information géographique (SIG) permettant une analyse spatiale intégrée des unités de végétation.
Les images obtenues à partir de données satellitaires (SPOT, SENTINEL …) traitées par des logiciels dédiés, quand elles sont accompagnées d’une reconnaissance fine des groupements végétaux sur le terrain, permettent d’améliorer la précision des données pytosociologiques spatiales, de cartographier et d’exercer un suivi dans le temps leur évolution. Ces méthodes ont été testées par exemple dans les prairies humides de zones alluviales (Rapinel et al. 2019b). De même la réalisation de cartographies supervisées par des drones permet l’exploration de secteurs d’accès difficile (Quattrini et al. 2025), falaises, marais, couloirs fluviaux… et de faciliter l’étude phytosociologique de grands secteurs qui sont ainsi par extrapolation totalement couverts.
Des outils gratuits existent comme le dispositif DINAMIS (Dispositif Institutionnel National d’Accès Mutualisé en Imagerie Satellitaire) et peuvent être utilisés pour tester la cartographie d’associations végétales (Rapinel et al. 2018). Les données LIDAR HD constituées de nuages de points en 3D (https://cartes.gouv.fr/telechargement/IGNF_MNT-LIDAR-HD) sont utiles pour caractériser la structure de la végétation.

