L’existence de nombreuses données phytosociologiques historiques permet des analyses comparatives temporelles portant sur une période de près d’un siècle. C’est le cas des anciennes cartes de végétation et des relevés anciens.
Les relevés anciens permettent un suivi à grain fin de la biodiversité et des communautés végétales dans des sites locaux où l’on connaît plus précisément les facteurs d’influence. C’est l’objectif de la base de données ResurveyEurope (Knollová et al. 2024). Ceci est particulièrement précieux pour étudier sur la végétation et les habitats l’impact des changements globaux, en particulier les changements d’usages et les changements climatiques récents d’origine anthropique. Le logiciel SurVegE (Roux & Thébaud, 2021), intégrant les valeurs d’indices bio-indicateurs des espèces, est adapté au suivi temporel de ces relevés.
Les photo aériennes anciennes, réalisées depuis l’après guerre, dés les années 1940, disponibles sur le site GÉOPORTAIL, couvrent une période correspondant à l’effondrement des systèmes agro-pastoraux extensifs traditionnels et représentent un outil précieux pour suivre cette évolution depuis près de 80 ans, en rapport avec les cartes et descriptions phytosociologiques. Depuis les années 1990, l’analyse d’images satellitaires constitue un nouvel outil de suivi disponible pour les phytosociologues, utilisés par exemple pour le suivi d’associations végétales en zone alluviale (Rapinel et al. 2019).
L’approche multifactorielle de l’écologie historique permet de confronter plusieurs types de données anciennes à l’étude de la végétation actuelle, pédoanthracologie, étude des écrits, analyse des iconographies, des premiers cadastres, microtoponymie, enquêtes socio-historiques… Elle a été appliquée au niveau des pelouses et des landes littorales en Bretagne dans le cadre d’une thèse intégrant la phytosociologie paysagère (Glemarec 2024).

