Les préoccupations « synécologiques » ont toujours été présentes chez la plupart des phytosociologues. Le « Pflanzensoziologie » de Braun-Blanquet (1928, 1964) constitue selon Géhu, (1997) un véritable précis d’écologie végétale. Les études synécologiques complémentaires à la phytosociologie ont été particulièrement florissantes chez les auteur de langue allemande notamment les travaux produits par les institutions de recherche fondées par R. Tüxen.
Les phytocénoses et les associations végétales constituent en tant que tels des marqueurs utilisés pour évaluer par exmple le degré d’artificialisation du paysage (Géhu & Géhu-Franck 1990, 1991).
On a d’autre part souvent interprété les tableaux de relevés phytosociologiques au moyen des groupes socio-écologiques d’espèces indicatrices (Duvigneaud, 1946 ; Vanden Berghen, 1973). Ces méthodes représentent un des volets de la phytosociologie, conçue au sens large.
Des catalogues d’indices phyto-écologiques quantitatifs sont fournis pour toutes les plantes en Europe. Ils couvrent de grandes régions biogéographiques comme l’Europe médioeuropéenne (Ellenberg et al. 1992, Landolt et al., 2010) ou l’Europe atlantique (Hill et al. 2000). Un catalogue a été réalisé à l’échelle européenne (EIVE, Dengler et al., 2023, Tichy et al. 2022) se heurtant toutefois au principe de changement d’optimum écologique des espèces en limite d’aire biogéographique. Ces valeurs d’indices peuvent être utilisées pour le diagnostic et le suivi temporel des milieux, par exemple dans le cadre du logiciel SurVegE (Roux & Thébaud, 2021). Daget & Poisonnet (1972, 2010) ont défini une méthode calculant pour des relevés de végétation une valeur pastorale (VP) fondée sur un indice de valeur fourragère attribuées aux espèces. Ces valeurs sont reprises et étendues dans e-FLORA-sys (Plantureux & Michelot-Antalik, 2026) aux espèces d’Europe de l’ouest.
Ces méthodes des groupes socio-écologiques d’espèces indicatrices sont très utilisées en écologie appliquée, forestière (Rameau et al., 1993), aquatique (Trémolières et al. 1994 ; Haury et al, 1996…), atmosphérique (Deruelle, 1978 et 1996), en agro-écologie (Daget & Poisonnet 2010). L’autoécologie des bryophytes européennes est passée au crible (Dierssen 2001). On tire des tableaux phytosociologiques des profils d’affinités écologiques pour chaque taxon (Beguinot 1995). Enfin les analyses numériques multivariées, en particulier les AFC et les techniques affiliées ont permis d’affiner considérablement les correspondances entre taxons, groupements et variables écologiques.

